23.09 | 20h | Docu : The man who saved the world
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23.09 | NUKE-FREE ZONE : Lancement et projection
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23.09 | 20h | Docu : The man who saved the world (V.O. STFR)

En guise de lancement de la campagne NUKE-FREE ZONE, Agir pour la Paix a le plaisir de vous présenter l'exceptionnel film documentaire du danois Peter Anthony sorti en 2014. Celui-ci raconte le passage décisif de la vie d'un lieutenant-colonel des Forces de Défense aérienne soviétiques, Stanislav Petrov: cet homme a littéralement sauvé le monde en décidant... de ne rien faire ! En 1983, alors que Russes et Américains se vouaient à une guerre froide sans précédents, Stanislav Petrov a su résister à la pression de son équipage occasionnée par l'annonce informatique de 5 missiles nucléaires américains fonçant droit vers la Russie... Cette anecdote oubliée de l'Histoire démontre que ce qui nous protège d'une guerre nucléaire repose sur des bases instables, fragiles et pourtant toujours actuelles.
Tout s’est passé le 26 septembre 1983. Le lieutenant-colonel des forces aériennes soviétiques Stanislav Petrov, 44 ans, est en service dans un bunker secrètement installé près de Moscou, Serpukhov-15, raconte The Atlantic. Sa mission: évaluer les données d’Oko, le système d’alerte satellite précoce, et le cas échéant, prévenir sa hiérarchie militaire en cas d’attaque nucléaire.

Ce soir-là, un peu après minuit, l’alarme retentit, l’un des satellites a détecté cinq missiles balistiques américains qui foncent vers l’URSS. Sirènes hurlantes, un écran-rouge clignote avec le mot «LANCEMENT».

Trois semaines plutôt, les Russes avaient abattu un avion sud-coréen qui s’était perdu dans l’espace aérien soviétique. L’Otan avait réagi avec une démonstration de forces militaires. La guerre froide, psychologique, même au début des années 1980, se poursuision militaire dans un village près de Moscou.

Stanislav Petrov, cependant, a un pressentiment, «une drôle de sensation dans (le) ventre» qui n’était que du bon sens, analysera-t-il plus tard selon les archives du Washington Post. Le système d’alarme ne détecte que cinq missiles; si les Etats-Unis étaient en train de lancer une attaque nucléaire, elle ne pourrait qu’être massive. Petrov s’aperçoit que le radar au sol anti-missile ne corrobore pas les informations –même au bout de quelques minutes.

Petrov n’avait pas une confiance absolue dans la précision de la technologie antibalistique (qu’il décrira plus tard comme «grossière»), mais voilà, il est tout seul dans ce bunker, dans des conditions de stress oppressantes, et il doit faire un choix crucial en moins de cinq minutes: suivre le protocole et prévenir illico l’état-major, ou faire confiance à son instinct.

Petrov a prévenu sa hiérarchie que ce qui était en train de se dérouler n'était qu’une fausse alerte, et comme le dit Wired, «il suppliait le ciel d’avoir raison». Et il avait raison. S’il avait fait le choix inverse, l’état-major aurait probablement lancé une attaque nucléaire de riposte sur les Etats-Unis et ses alliés. Qui auraient à leur tour probablement répliqué.

«C’était mon travail, mais ils ont eu de la chance que je sois aux manettes ce soir-là.» Ses collègues et lui, en bon professionnels de l’armée, avaient été formés à transmettre l’information coûte que coûte.

Petrov est encore en vie, rapporte Wired, et vit de sa petite pension militaire dans un village près de Moscou.