Le refus de la Belgique face aux négociations d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires 
Traité d’interdiction des armes nucléaires et la position de la Belgique
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Le 27 octobre 2016, la Belgique a voté en défaveur de la résolution L.41 de l’ONU qui demande l’ouverture de négociations multilatérales en vue d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires. Pourquoi la Belgique a t-elle voté contre ces négociations ? En observant la position du pays en matière d’armement, la réponse à cette question se dessine.

Une vingtaine de bombes nucléaires en Belgique

Des accords confidentiels entre la Belgique et les Etats-Unis ont été percés au grand jour : La Belgique héberge une vingtaine de bombes nucléaires étasuniennes sur la base militaire de Kleine-Brogel. Bien que les faits n’ont jamais été officiellement confirmés par le gouvernement belge, cela a été révélé à plusieurs reprises dans les médias, notamment dans un rapport de la base américaine Spangdahlem Air Base¹ et par Wikileaks².

15 milliards d'euros pour des avions à capacité nucléaire

Le gouvernement belge s’apprête à remplacer ses F-16 (qui arriveront en fin de vie entre 2023 et 2028) par de nouveaux chasseurs-bombardiers³. Selon la Défense qui a fait ses calculs sur la base d’un programme portant sur quarante ans (4), le coût de l’opération est évalué à une quinzaine de milliards d’euros. Suite à la question posée à la Chambre des représentants par Marco Van Hees du PTB-GO le 30 novembre 2016, il est clairement stipulé dans la réponse du Ministre de la Défense Didier Reynders datant du 20 janvier 2017 que les nouveaux avions devront posséder une capacité nucléaire (5). Dès lors, nous nous demandons dans quelle mesure cette future acquisition est motivée par la stratégie nucléaire de l’OTAN.

Déficit démocratique

Si la présence des bombes nucléaires américaines à Kleine-Brogel est un secret de polichinelle, c’est probablement dû au fait qu’elle n’a rien d’officiel. Cet accord ayant été conclu secrètement, la politique choisie par le gouvernement belge est ambiguë : si la présence des armes nucléaires n’est pas confirmée, elle n’est pas non plus démentie. En conséquence, le Parlement fédéral ne peut exercer son contrôle démocratique sur le gouvernement.
En 2014, à la demande de la CNAPD, l’université d’Anvers a réalisé un sondage : Les Belges souhaitent-ils le retrait des armes nucléaires de Belgique ? 61 % d’entre eux le souhaitent, 24 % s’y opposent et 15 % n’ont pas d’avis. Ces résultats parlent d’eux-mêmes : une large majorité de Belges souhaite un retrait de ces bombes nucléaires. En s’y opposant, le gouvernement belge va à l’encontre de l’opinion publique.

1.Source : Hans Kristensen (FAS) - Spangdahlem Air Base report - http://tinyurl.com/j468zn9. « Protection level one stockpile » est un terme technique pour désigner des armes nucléaires. & Report of the Secretary of Defense Task Force on Nuclear Weapons Management : http://tinyurl.com/hkac3st
2. Source : Wikileaks - http://tinyurl.com/hfyz3gh
3.Source : RTBF - http://tinyurl.com/hz3r6hv
4.Source : La Libre - http://tinyurl.com/zouf29l
5.Source: La Chambre.be - http://tinyurl.com/j2935cx