Sentier de la Paix : Nouveau numéro
#Nuclearban : It’s time to act
24 mars 2017
Appel à actions ! Sommet de l’OTAN de Bruxelles – 25 mai 2017
29 mars 2017

Le numéro 76 du Sentier de la Paix est disponible !


Comme sujet central, le Traité d’interdiction des armes nucléaires qui débute ce lundi 27 mars à New York. Vous y découvrirez aussi les détails sur la position négative de la Belgique par rapport à ces négociations ou encore la première partie d’une série d’articles sur l’écologie et les bombes nucléaires, ...

Edito


Pour cet édito, il aurait été facile de vous parler de l’inquiétante montée des tensions internationales entre plusieurs puissances nucléaires. Ainsi, nous aurions pu parler des tensions entre les États-Unis et la Russie, qui s’accusent mutuellement d’avoir violé le traité INF (celui-là même qui avait mis fin à la crise des euromissiles) ; des tensions en mer de Chine entre, d’un côté, le Japon et les États- Unis et, de l’autre, la Chine et la Corée du Nord ; ou encore des tensions entre l’OTAN et la Russie dans les pays baltes.

C’eût été également facile d’évoquer les récentes augmentations des dépenses militaires publiques de ces puissances nucléaires, que cela soit aux États-Unis, en Chine ou au sein de l’Alliance atlantique dont l’une des conséquences directes pour nous est l’achat de 34 nouveaux chasseurs-bombardiers.

Nous aurions aussi pu discourir de la volonté de l’Europe de mettre en œuvre sa propre stratégie de dissuasion ou du souhait de l’Allemagne de développer son propre programme nucléaire.

Et enfin, nous aurions pu tout autant choisir une question qui nous est particulièrement proche, à savoir le retour du service militaire en Suède... Votre ouïe aiguisée n’a probablement pas pu rester sourde à l’ensemble de ces bruits de bottes. Et si l’un de ces points vous titille, n’hésitez pas à nous contacter, nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous.

Mais puisque le pacifisme et la non violence sont avant tout des valeurs porteuses d’espoirs et d’alternatives, nous ne nous étendrons pas davantage sur l’actualité dramatique des relations internationales. En tout cas, pas aujourd’hui...

Et pour cause, une fois n’est pas coutume, nous avons une bonne nouvelle à vous communiquer : d’ici moins de dix jours, des négociations visant à mettre en œuvre un traité d’interdiction des armes nucléaires débutera à New York aux Nations Unies.

Or, il est primordial de rappeler en quoi cette étape vers un monde sans armes nucléaires est non seulement pertinente mais essentielle, quoi qu’en disent nos officiels, les puissances nucléaires ou encore les membres de l’OTAN.

Il s’agit avant tout d’une exigence morale de rendre illégale l’arme de destruction massive la plus puissante de la planète et que son usage soit délégitimé par la communauté internationale. Par ailleurs, l’histoire du droit international nous enseigne que l’interdiction a toujours précédé l’élimination. Ce fut le cas pour les armes biologiques, les armes chimiques, les mines anti-personnel et les armes à sous-munitions. Il n’y a donc aucune raison que ce soit différent pour les armes nucléaires.

Aussi, un traité d’interdiction aurait le mérite de construire un cadre juridique international appelé à se renforcer au fil du temps. Ceci rendrait les armes nucléaires inacceptables pour tous, par opposition au traité de non-prolifération (TNP) qui autorise la possession par une minorité et l’interdit à la plus grande majorité des États.

De plus, ce traité est une opportunité pour augmenter le niveau de conscience des populations sur les conséquences humanitaires et environnementales dramatiques des armes nucléaires. Cela permettra aussi d’évoquer les risques réels d’une détonation nucléaire.

Enfin, une interdiction des armes nucléaires ouvrirait pour les États, les organisations internationales, la société civile et les individus des espaces permettant de faire le travail politique nécessaire pour faire comprendre le ca- ractère inacceptable de la possession d’armes nucléaires.

Alors que nos sociétés voient toute une série d’acquis sociaux s’effilocher et que le sentiment de sécurité suit le même chemin, il est de notre responsabilité de ne pas rater cette opportunité.

Cette année commence l’écriture de ce qui pourrait s’avérer une étape cruciale dans l’Histoire de l’humanité, lui permettant d’envisager un futur sur le long terme. Cette-fois, il ne s’agit pas que l’Histoire soit écrite par les puissants avec le sang des dominés, mais plutôt de l’écrire de manière collaborative et constructive. Et pour ce faire, nous avons besoin de toutes les plumes disponibles !

Afin de faire face à cette nouvelle montée du militarisme et des nationalismes, rédigeons de notre plus belle écriture une Histoire faite de lien social et de solidarité internationale. Ainsi pourrons-nous peut-être terminer cet interminable roman nucléaire par un véritable happy end.


Télécharger le Sentier de la Paix N°76