Déficit démocratique

Déficit démocratique


La présence des bombes nucléaires américaines à Kleine-Brogel est un secret de polichinelle. Régulièrement évoquée dans la presse, confirmée par une fuite de fuite de Wikileaks en avril 2013, leur présence comporte pourtant une caractéristique particulière : elle n’a rien d’officiel. Leur arrivée en Belgique correspond sans doute au vote de la loi du 11 avril 1962 par le Parlement fédéral, qui“autorise le passage et le séjour en Belgique des troupes des pays liés à la Belgique par le Traité de l’Atlantique Nord”.

Le Parlement écarté de tout contrôle démocratique

Selon la Constitution belge, c’est l’exécutif, c’est-à-dire le gouvernement, qui est chargé de la politique de Défense nationale, et donc des alliances militaires, de leurs politiques et de leur mise en pratique, y compris l’implantation de nouvelles armes. Le Parlement fédéral est, lui, responsable du contrôle du gouvernement fédéral. L'accord concernant les armes nucléaires ayant été conclu secrètement entre la Belgique et les États-Unis; la politique officielle du gouvernement belge sur la question consiste à ne pas nier ni confirmer la présence (ou l'absence) d’armes nucléaires sur notre territoire. En conséquence, le Parlement fédéral ne peut exercer son contrôle démocratique sur le gouvernement à propos de leur présence en Belgique.

Les Belges refusent l’arme nucléaire

En septembre 2014, l’université d’Anvers effectue un sondage à la demande de la CNAPD: Les Belges souhaitent-ils le retrait des armes nucléaires de Belgique ? 61% d’entre eux le souhaitent, et seuls 24% s’y opposent (15% n’ont pas d’avis). En réalité, depuis le premier sondage d’opinion concernant la présence des euromissiles sur le sol belge en 1979, les résultats sont clairs : les Belges n’en ont jamais voulu ! A l’époque, malgré le contexte de Guerre froide, le résultat de ce sondage traduisait pour ainsi dire la même opinion : 64% contre l’installation des euromissiles, 20,2% pour et 15,8% sans réponse.

Déficit démocratique mondial

L’essentiel se résume comme suit : d’un côté, il y a les pays nucléarisés. Ceux qui sont reconnus par le Traité de non-prolifération nucléaire sont la France, la Russie, les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni. Il faut y ajouter les pays qui possèdent l’arme nucléaire de façon non reconnue : l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Cela fait neuf pays possédant l’arme nucléaire. De l’autre côté, il y a les 188 autres états du monde qui ne la possèdent pas. Cette domination fausse le jeu des relations internationales et induit toujours la supériorité de la force, y compris dans les relations diplomatiques, dont au Conseil de sécurité des Nations unies où certains d’entre eux sont membres permanents. Ceux-ci y imposent de facto un statu quo qui les arrange bien dans l'ardue entreprise d'une dénucléarisation totale.